Un effondrement lors d'un effort intense par temps chaud est une urgence vitale. La décision que prennent les premiers intervenants dans les deux premières minutes détermine le pronostic du patient. Ce guide présente le protocole médical de référence tel que validé par l'ACSM, la SFAR et le Comité International Olympique.
Reconnaître le coup de chaleur d'effort
Le coup de chaleur d'effort (CCE) se distingue des autres malaises liés à la chaleur par l'association de deux critères :
Critère 1 — Température centrale ≥ 40°C, mesurée par thermomètre rectal. La mesure tympanique sous-estime systématiquement la température centrale lors d'un CCE — ne pas s'y fier pour déclencher ou arrêter le traitement.
Critère 2 — Signes neurologiques : confusion, agitation, propos incohérents, ataxie, perte de connaissance, convulsions.
Tout effondrement lors ou au décours immédiat d'un effort intense par temps chaud, même sans thermomètre disponible, doit être considéré comme un CCE présumé et traité comme tel.
Ne pas attendre la confirmation diagnostique. Ne pas attendre le SAMU. Le traitement commence immédiatement.
Le protocole Cool First, Transport Second
La règle fondamentale est simple : refroidir avant de transporter. Chaque minute de transport sans refroidissement efficace est une minute où la température centrale reste au-dessus de 40°C et aggrave les lésions organiques.
Walter et Carraretto (Critical Care, 2016) ont documenté les conséquences neurologiques de l'hyperthermie prolongée : au-delà de 41°C, les dommages cérébraux deviennent irréversibles en moins de 30 minutes. La fenêtre thérapeutique est non négociable.
Étape 1 — Arrêt de l'effort et mise en sécurité (0-1 minute)
Stopper immédiatement l'effort. Allonger la victime sur le dos dans un endroit accessible. Retirer les équipements qui gênent la thermorégulation : casque, gilet, tenue de protection thermique.
Évaluer rapidement : conscience, ventilation, pouls. Si arrêt cardiaque → RCP immédiate, appel des secours, défibrillateur.
Étape 2 — Déclenchement du refroidissement (1-3 minutes)
Déployer la baignoire de refroidissement. Remplir d'eau froide. Ajouter de la glace si disponible — la température idéale est entre 1,5°C et 15°C. Des études montrent qu'une eau plus froide ne présente pas de risque de vasoconstriction cutanée problématique contrairement à une idée reçue persistante (Casa et al., 2007).
Immerger la victime corps entier — épaules et cuir chevelu inclus. Maintenir les voies aériennes hors de l'eau. Deux intervenants idéalement : un maintient la tête, l'autre surveille les voies aériennes et l'état neurologique.
Étape 3 — Appel des secours en parallèle (dès la minute 2)
L'appel au 15 ou au 18 se fait en parallèle du refroidissement, jamais avant. Préciser dans le message de régulation : "Coup de chaleur d'effort présumé, refroidissement par immersion en cours sur place. Température rectale en cours de mesure."
Étape 4 — Surveillance continue (pendant toute l'immersion)
Mesurer la température rectale toutes les 5 minutes. C'est le seul indicateur fiable de l'efficacité du refroidissement.
Surveiller : conscience, ventilation, pouls. Prévenir les vomissements et gérer les voies aériennes si convulsions.
Ne pas arrêter le refroidissement prématurément. Ne pas chauffer la victime entre deux mesures.
Étape 5 — Arrêt du refroidissement (à 38,6°C rectale)
Sortir la victime de la baignoire à 38,6°C de température rectale — pas à 37°C. L'inertie thermique après l'immersion continue de faire baisser la température. Sortir trop tôt à 40°C risque de rebound hyperthermique ; sortir trop tard à 37°C risque l'hypothermie iatrogène.
Étape 6 — Transport vers les urgences
Transport immédiat vers un service d'urgences pour bilan biologique complet : CPK (rhabdomyolyse), créatinine (insuffisance rénale), bilan hépatique, coagulation (CIVD), ionogramme. Ces complications secondaires peuvent survenir plusieurs heures après le refroidissement.
Pourquoi les méthodes alternatives ne suffisent pas
Certains premiers intervenants utilisent encore des serviettes humides, des poches de glace ou la brumisation en attendant l'arrivée des secours. Ces méthodes ne sont pas inutiles — mais elles ne sont pas suffisantes pour un CCE sévère.
La vitesse de refroidissement par immersion est 0,35°C/min contre 0,03°C/min pour les serviettes et poches de glace — soit un facteur 10. Pour ramener une victime de 42°C à 38,6°C, l'immersion prend environ 10 minutes. Les méthodes alternatives prennent plus d'une heure — largement au-delà de la fenêtre des 30 minutes.
L'obstacle logistique : avoir la baignoire sur place
La principale raison pour laquelle le protocole Cool First Transport Second n'est pas appliqué sur le terrain n'est pas l'ignorance — c'est l'absence d'équipement. Les équipes savent qu'il faut immerger. Mais il n'y a pas de baignoire.
Kollder résout ce problème. Sa baignoire de refroidissement se déploie en moins de 30 secondes par une seule personne, s'intègre dans tout véhicule de secours et permet une immersion corps entier avec accès patient complet. Pour les équipes qui souhaitent l'intégrer à leur dispositif : kollder.com/#contact.
Pour aller plus loin
- Cool First Transport Second : protocole complet
- Immersion eau froide vs autres méthodes : comparatif chiffré
- Baignoire de refroidissement d'urgence : définition et guide
Sources : ACSM Expert Consensus Statement on Exertional Heat Illness 2023. Casa DJ et al., Exercise and Sport Sciences Reviews 2007. Walter EJ & Carraretto M, Critical Care 2016. IOC Adverse Weather Impact Expert Working Group — Hosokawa Y, Racinais S et al., BJSM 2021. SFAR. Korey Stringer Institute — Douglas Casa, UConn.
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