Daniel avait 19 ans. Le mardi 27 mai 2026, il travaillait sur une toiture à Ponet-et-Saint-Auban, dans la Drôme. Les températures dépassaient 31 °C à l'ombre. En fin de journée, il a commencé à se sentir mal. Transporté en urgence à l'hôpital de Die, il est mort dans la nuit. La préfecture de la Drôme a confirmé que son décès est lié à une hyperthermie. C'est la première mort d'un travailleur recensée lors de l'épisode caniculaire de mai 2026, alors que l'été n'avait pas encore officiellement commencé.

Ce qui s'est passé sur ce chantier

D'après les informations rapportées par BFMTV et la presse régionale, Daniel travaillait avec son père sur un chantier de couverture. Il portait un short et un tee-shirt. Des pauses avaient été prises dans la journée. Il avait commencé à travailler à 8h du matin. Sur un toit exposé en plein soleil, le ressenti thermique peut dépasser de 10 à 15 °C la température ambiante. À 31 °C à l'ombre, le toit atteignait probablement 45 °C ou plus.

Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte, confiée à la compagnie de gendarmerie de Crest, en lien avec la DREETS (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités). La question de la responsabilité de l'employeur est posée.

Ce que dit la loi depuis le 1er juillet 2025

Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur est entré en vigueur le 1er juillet 2025. Il crée un nouveau chapitre dans le Code du travail intitulé « Prévention des risques liés aux épisodes de chaleur intense » et s'impose à tous les employeurs, secteur privé comme public.

Ce texte définit trois niveaux d'épisodes selon la vigilance météorologique de Météo-France :

Les obligations concrètes imposées aux employeurs comprennent notamment :

Le BTP est spécifiquement ciblé par ce décret en raison de l'exposition extérieure prolongée et de l'intensité des efforts physiques fournis.

Ce que ne prévoit pas le décret : la prise en charge d'un coup de chaleur constitué

Le décret porte sur la prévention. Il ne dit pas ce qu'il faut faire lorsqu'un travailleur s'effondre avec une température corporelle au-dessus de 40 °C.

Or c'est précisément là que le pronostic vital se joue.

L'hyperthermie d'effort — aussi appelée coup de chaleur d'effort — est une urgence médicale absolue. La température corporelle monte rapidement au-delà de 40 °C. Sans refroidissement immédiat et efficace, les conséquences sont irréversibles : défaillance hépatique, rénale, coagulopathie, atteinte neurologique. Et le décès.

Le protocole médical de référence, validé par l'ACSM (American College of Sports Medicine, consensus 2023), l'IOC (BJSM, 2021) et la SFAR en France, est sans ambiguïté : Cool First, Transport Second. L'immersion en eau froide doit être pratiquée sur place, avant le transfert à l'hôpital. Chaque minute compte. L'objectif est de ramener la température centrale en dessous de 40 °C dans les 30 minutes suivant le malaise.

Casa et al. (UConn / Korey Stringer Institute) ont démontré un taux de survie de 100 % sur 401 cas lorsque cette fenêtre thérapeutique est respectée. L'immersion en eau froide refroidit à une vitesse de 0,35 °C/min, contre 0,03 °C/min pour les techniques alternatives (draps mouillés, packs de glace).

Ce que cela implique concrètement pour un chantier BTP

Sur un chantier extérieur, en période de vigilance canicule, l'employeur doit anticiper deux scénarios distincts :

Scénario 1 : la prévention tient. Les horaires sont aménagés, l'eau est disponible, les travailleurs sont informés. Le risque est réduit.

Scénario 2 : malgré tout, un travailleur s'effondre. Le SAMU peut mettre 20 à 40 minutes à arriver selon la localisation du chantier. Sans moyen de refroidissement sur place, ces minutes sont perdues.

C'est le gap que les équipes de secours et les responsables EHS les plus rigoureux ont identifié : l'espace entre la prévention et la prise en charge d'un coup de chaleur constitué.

Kollder a été conçu précisément pour combler ce gap. La baignoire de refroidissement d'urgence se déploie en moins de 30 secondes par une seule personne, sur n'importe quel terrain — y compris à pied d'un chantier. Elle permet d'initier l'immersion en eau froide immédiatement, sans attendre l'arrivée des secours. Le patient reste entièrement accessible : monitoring, ventilation, communication — rien n'est compromis.

Pour les responsables EHS, les directeurs de travaux et les chefs de chantier exposés à des épisodes de chaleur intense, c'est un équipement à intégrer dans le plan de prévention au même titre qu'un défibrillateur. Pas parce que la prévention est insuffisante, mais parce que l'accident peut survenir malgré elle.

Plus d'informations sur kollder.com/#contact.

Ce que la mort de Daniel change pour les employeurs du BTP

La Direction Générale du Travail a recensé 9 accidents du travail mortels possiblement liés à la chaleur en 2025. Le BTP comptait 146 décès par accidents du travail en 2024. Chez les moins de 25 ans, plus de la moitié des décès surviennent dans l'année qui suit la prise de poste.

Le ministre du Travail a déclaré le 29 mai « faire confiance aux entreprises du BTP pour préserver la santé des ouvriers ». Cette confiance se traduit aussi en responsabilité pénale et civile. Un employeur qui n'a pas évalué les risques, pas mis en place les mesures prévues par le Décret 2025-482, et n'a pas équipé ses équipes pour répondre à une urgence thermique est exposé.

Ce n'est pas une question de budget. C'est une question d'anticipation.

Pour aller plus loin


Sources : Décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 (Légifrance) — BFMTV / Batiweb / Le Tribunal du Net, reportages mai 2026 — ACSM Expert Consensus Statement 2023 — Casa DJ et al., Exercise and Sport Sciences Reviews 2007 — Korey Stringer Institute, University of Connecticut — SFAR — DGT, bilan accidents du travail 2025 — Assurance maladie-risques professionnels, rapport annuel 2025

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