Un coup de chaleur d'effort sur un événement sportif, c'est une urgence qui se joue en quelques minutes sur un terrain rarement préparé pour ça. La tente médicale, le médecin de permanence, le brancard — tout ça existe. Mais le dispositif de refroidissement capable de traiter un CCE sévère dans les 30 premières minutes, il est présent sur combien d'événements en France ? La question mérite d'être posée avant le départ du prochain dossard.
Ce que les recommandations internationales imposent aux organisateurs
L'IOC et la BJSM ont publié en 2021 un consensus clair sur les obligations des organisateurs d'événements sportifs en matière de gestion de la chaleur. Le document est sans ambiguïté : tout événement se déroulant dans des conditions à risque thermique doit disposer d'un protocole de refroidissement actif et du matériel permettant de l'appliquer.
L'ACSM (2023) précise que l'immersion en eau froide doit être disponible sur site — pas en route vers l'hôpital, pas dans le véhicule du SMUR en attente. Sur site, accessible immédiatement.
En France, le cadre réglementaire des événements sportifs (arrêtés préfectoraux, plan de secours) intègre de plus en plus ces exigences dans les conditions d'autorisation. Un directeur médical qui ne peut pas justifier d'un dispositif de refroidissement actif prend un risque à la fois médical et juridique.
Évaluer le risque thermique avant l'événement
Le dimensionnement du poste de refroidissement commence par l'évaluation du risque, qui repose sur deux paramètres combinés.
La température de bulbe humide (WBGT) C'est l'indicateur de référence de l'ACSM. Il intègre la température sèche, l'humidité relative, le rayonnement solaire et le vent. Les seuils sont :
- WBGT < 28 °C : risque modéré, surveillance renforcée
- WBGT 28-31 °C : risque élevé, protocoles de refroidissement en alerte
- WBGT > 31 °C : risque très élevé, envisager le report ou la modification du format
- WBGT > 35 °C : conditions dangereuses, annulation recommandée
Le profil de l'épreuve Durée, intensité attendue, terrain, heure de départ, nombre de participants, présence d'équipements (trail avec sac à dos, obstacles type Hyrox) : tous ces facteurs modulent le risque individuel et la probabilité d'occurrence d'un CCE sur l'événement.
L'outil EHS Monitor de Kollder permet de calculer le WBGT en temps réel à partir des données météo locales et d'évaluer le niveau de risque selon les seuils ACSM : kollder.com/fr/monitor/.
Dimensionner le poste de refroidissement
Il n'existe pas de ratio universel participants/baignoire, mais plusieurs éléments permettent de construire une estimation raisonnée.
Facteurs à prendre en compte :
- Nombre de participants exposés simultanément aux conditions les plus chaudes (fraction du peloton en milieu de course)
- Durée d'exposition : un trail de 6 heures par 30 °C génère plus de cas qu'une course de 45 minutes
- Capacité de rotation d'un poste de refroidissement : un CCE nécessite 20 à 30 minutes d'immersion et de surveillance avant transfert — un seul poste traite donc 2 à 3 patients par heure au maximum
- Points chauds du parcours : zones sans ombre, zones sans vent, passages à faible allure (montées techniques)
Recommandation pratique :
Pour un événement trail ou marathon de 500 à 1 000 participants par conditions WBGT > 28 °C, prévoir a minima deux postes de refroidissement opérationnels, positionnés aux points les plus exposés du parcours et à l'arrivée.
Au-delà de 1 000 participants ou WBGT > 31 °C, un troisième poste sur le parcours est justifié, idéalement mobile pour couvrir les zones à risque.
Le matériel du poste de refroidissement
Un poste de refroidissement opérationnel comprend :
Obligatoire
- Dispositif d'immersion en eau froide (baignoire, tub ou équivalent rigide) — c'est la pièce centrale
- Thermomètre rectal (les thermomètres tympaniques ne sont pas fiables en contexte d'effort)
- Eau froide en volume suffisant (150 à 200 litres par poste)
- Glace ou accès à de l'eau à température contrôlée (objectif : 8-15 °C)
- Montre ou minuterie pour le suivi de la température toutes les 2-3 minutes
Recommandé
- Voie veineuse et solutés pour remplissage si patient en état de choc
- Couverture de survie pour post-refroidissement
- Radio ou téléphone pour coordination avec l'équipe médicale centrale
- Fiche de suivi patient (heure de prise en charge, températures successives, heure d'arrêt du refroidissement)
Logistique eau C'est souvent le point faible des dispositifs improvisés. Un poste de refroidissement nécessite une source d'eau accessible et un volume de glace calculé à l'avance. Sur un trail en altitude ou un parcours en zone naturelle, cette logistique doit être anticipée dans le plan de secours.
Positionner les postes sur le parcours
L'arrivée est le point de départ évident — c'est là que les cas les plus sévères se déclarent, souvent dans les minutes suivant l'effort. Mais le CCE peut survenir en cours de course, notamment sur les portions les plus exposées.
Les critères de positionnement d'un poste intermédiaire :
- Zone sans ombre naturelle sur plus de 500 mètres
- Portion de course à allure réduite (montée, obstacle technique)
- Distance supérieure à 15 minutes du poste suivant
- Accès véhicule possible pour évacuation
Un poste intermédiaire sans accès véhicule est un poste qui retardera l'évacuation après refroidissement — ce qui est acceptable si le refroidissement est effectué correctement sur place avant le transport.
Kollder dans le dispositif événementiel
Les contraintes spécifiques des événements sportifs — transport en voiture ou véhicule léger, déploiement rapide par une équipe de secours souvent réduite, usage en plein air parfois loin de toute infrastructure — correspondent exactement au cahier des charges qui a guidé la conception de la baignoire Kollder.
Pliée, elle tient dans un sac cylindrique de 85 × 10 × 10 cm. Déployée en moins de 2 minutes par une seule personne, elle offre un accès complet au patient pour le monitoring et les gestes médicaux. Sa structure en acier inoxydable résiste aux conditions terrain et aux cycles de décontamination.
Pour les directeurs médicaux d'événements qui souhaitent l'intégrer à leur plan de secours : kollder.com/#contact.
La check-list pré-événement
À vérifier 48 heures avant le départ :
- [ ] WBGT prévisionnel calculé pour les heures de course
- [ ] Nombre de postes de refroidissement déterminé en fonction du risque
- [ ] Positionnement des postes validé sur le plan de parcours
- [ ] Volume d'eau et de glace planifié et approvisionné
- [ ] Thermomètres rectaux vérifiés et en dotation sur chaque poste
- [ ] Équipe médicale formée au déploiement et au protocole d'immersion
- [ ] Coordination avec le SAMU/SMUR confirmée pour les évacuations post-refroidissement
- [ ] Fiche de suivi patient disponible sur chaque poste
Pour aller plus loin
- Guide complet du coup de chaleur d'effort
- Quel matériel pour traiter un coup de chaleur d'effort ?
- Cool First, Transport Second : le protocole complet
- La baignoire de refroidissement d'urgence : guide complet
Sources : Hosokawa Y, Racinais S et al., IOC Consensus Statement on Recommendations for Heat Illness Prevention and Management, BJSM 2021 — ACSM Expert Consensus Statement on Exertional Heat Illness, 2023 — Casa DJ et al., Exertional heat stroke, Exercise and Sport Sciences Reviews 2007 — Périard JD et al., Br J Sports Med 2021 — Korey Stringer Institute, Event Medical Planning Resources, University of Connecticut
Kollder est la baignoire de refroidissement d'urgence deployable en moins de 2 minutes, partout.
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