Le sapeur-pompier en tenue de protection est, du point de vue thermique, l'un des profils les plus exposés au coup de chaleur d'effort. La combinaison étanche empêche l'évaporation sudorale. L'effort physique est intense et souvent prolongé. L'environnement est par définition chaud. Ces trois facteurs réunis créent des conditions dans lesquelles la température centrale peut atteindre des niveaux critiques en moins de 20 minutes d'effort intense — bien plus vite qu'un athlète en tenue légère.

La question de la réhabilitation thermique post-intervention n'est pas une question de confort. C'est une question de sécurité opérationnelle et de prévention des défaillances en cours de mission.

La physiologie spécifique du pompier en tenue

Comprendre pourquoi le pompier est plus exposé que l'athlète permet de comprendre pourquoi la réhabilitation doit être active, structurée, et non laissée à l'initiative individuelle.

La tenue de protection comme piège thermique

La tenue de feu (veste et pantalon de proximité) est conçue pour résister à la chaleur extérieure. Elle y parvient, mais au prix d'une imperméabilité à la vapeur d'eau qui neutralise le principal mécanisme de thermorégulation humain : l'évaporation sudorale. La chaleur produite par les muscles reste piégée dans le microenvironnement tenue-peau.

Des études ont mesuré des températures cutanées supérieures à 38 °C après 10 à 15 minutes d'effort intense en tenue de proximité, même par températures extérieures modérées. La température centrale suit avec un décalage de quelques minutes.

Le cumul charge thermique exogène et endogène

En feu de structure, le sapeur-pompier subit simultanément :

Ce cumul est sans équivalent dans la pratique sportive ordinaire. Il explique pourquoi des hyperthermies sévères peuvent survenir sur des durées d'effort qui sembleraient anodines en milieu tempéré.

La déshydratation accélérée

Malgré l'imperméabilité de la tenue, la sudation se poursuit. La sueur ne s'évapore pas, elle s'accumule. Les pertes hydriques peuvent atteindre 1 à 2 litres par heure en intervention intensive, sans que le sapeur-pompier en perçoive toujours la réalité — la sensation thermique est masquée par la protection de la tenue.

Les signes d'alerte sur le terrain

Le chef de groupe et le médecin sapeur-pompier doivent identifier rapidement les signaux d'une hyperthermie en cours de constitution ou constituée.

Signes précoces — hyperthermie d'effort simple :

Signes d'alarme — coup de chaleur d'effort probable :

La présence d'une dysfonction neurologique associée à un effort en conditions chaudes doit faire déclencher immédiatement le protocole de refroidissement, sans attendre la mesure de la température.

Le protocole de réhabilitation thermique

La réhabilitation thermique post-intervention se structure en trois phases.

Phase 1 — Sortie de zone et déséquipement (0-5 minutes)

Dès la fin de l'engagement opérationnel ou dès l'apparition de signes d'alerte :

Le retrait de la tenue est la première intervention thermique. Aussi longtemps que la tenue reste en place, la production de chaleur ne peut pas être dissipée.

Phase 2 — Refroidissement actif (5-35 minutes)

Si température centrale ≥ 40 °C ou signes neurologiques : CCE confirmé

Immersion immédiate en eau froide. C'est le seul traitement de premier rang. L'objectif est d'atteindre 38,5 °C rectaux en moins de 30 minutes. Toute autre méthode est insuffisante pour ce niveau de sévérité.

Si température centrale entre 38,5 et 40 °C sans signes neurologiques : hyperthermie d'effort simple

Refroidissement actif par méthodes combinées :

Si température centrale < 38,5 °C : récupération thermique standard

Repos, réhydratation, mise au frais. Surveillance pour détecter une ascension tardive de la température.

Phase 3 — Surveillance et autorisation de retour à l'activité

Après refroidissement, la surveillance doit se poursuivre a minima 30 à 60 minutes avant tout retour opérationnel. Les critères de retour à l'activité incluent :

Un agent ayant présenté un CCE confirmé ne doit pas reprendre une activité opérationnelle dans les 24 heures. Il doit être orienté vers un bilan médical complet (biologie, ECG, évaluation rénale et hépatique) avant tout retour.

L'équipement embarqué : contraintes spécifiques SDIS

Le SSSM et les chefs de groupement qui souhaitent intégrer un dispositif de refroidissement actif dans la dotation de leurs véhicules font face à des contraintes que ne connaissent pas les équipes médicales d'événements sportifs.

Contrainte 1 : le gabarit L'espace de stockage dans un VLTT, une VPL ou un CCF est compté. Un dispositif de refroidissement embarqué doit occuper un volume minimal en position repliée, sans empiéter sur les dotations opérationnelles.

Contrainte 2 : la robustesse Le matériel SDIS est soumis à des cycles d'usage, de transport et de décontamination intenses. Un équipement en textile enduit ou en plastique présentera une dégradation accélérée dans ces conditions. La résistance aux désinfectants courants est une exigence non négociable.

Contrainte 3 : le déploiement solo En situation réelle, le premier intervenant sur un agent en hyperthermie peut être seul ou avec un seul coéquipier, lui-même sollicité par la gestion opérationnelle. L'équipement doit être déployable par une seule personne.

Contrainte 4 : la polyvalence Un équipement embarqué en permanence doit justifier sa présence sur tous les types d'intervention, pas seulement les feux de forêt en canicule. Sa compacité et sa facilité de déploiement déterminent s'il sera systématiquement emporté ou laissé en caserne.

La baignoire de refroidissement d'urgence Kollder répond directement à ces quatre contraintes : 85 × 10 × 10 cm repliée, construction en acier inoxydable compatible avec les protocoles de décontamination, déploiement en moins de 2 minutes par une seule personne, accès complet au patient pendant l'immersion.

Pour les SDIS et SSSM qui souhaitent évaluer la solution dans leur contexte : kollder.com/#contact.

Intégrer la réhabilitation thermique dans la doctrine d'emploi

La réhabilitation thermique ne doit pas être un geste improvisé décidé au cas par cas. Pour être appliquée de façon systématique, elle doit être intégrée dans la doctrine d'emploi des groupes d'intervention.

Cela implique concrètement :

Le SSSM a un rôle central dans cette démarche : c'est lui qui valide la doctrine, forme les encadrants et assure le suivi médical. L'intégration d'un protocole de réhabilitation thermique dans le règlement opérationnel est la condition pour qu'il soit appliqué sous pression opérationnelle.

Pour aller plus loin


Sources : ACSM Expert Consensus Statement on Exertional Heat Illness, 2023 — Hostler D et al., Prehospital Emergency Care 2010 — Selkirk GA et al., European Journal of Applied Physiology 2004 — Casa DJ et al., Exertional heat stroke, Exercise and Sport Sciences Reviews 2007 — Korey Stringer Institute, University of Connecticut — SFAR, recommandations de prise en charge préhospitalière des hyperthermes — IOC Consensus Statement, BJSM 2021

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