Après un été d'incendies hors norme, les sapeurs-pompiers ont porté leur colère jusque dans la rue. Préavis de grève, convergence vers Paris, communiqué cinglant des Départements : la question du financement des SDIS, en suspens depuis des années, s'impose désormais dans le débat budgétaire 2027. Voici ce qui est réclamé, ce qui a été promis, et ce que cela implique concrètement pour les services.

Un été 2026 qui a fait déborder le vase

L'incendie parti de Saumos le 22 juillet en Gironde est devenu le feu de forêt le plus dévastateur en France depuis plus de cinquante ans. Avec les Landes, 47 004 hectares ont brûlé dans le Sud-Ouest selon les services de l'État, 88 sapeurs-pompiers ont été blessés et des milliers de pompiers ont été engagés, épaulés par 1 500 militaires. L'Aude, puis d'autres départements, ont suivi.

À l'échelle nationale, près de 100 000 hectares ont été parcourus par le feu. Quatre sapeurs-pompiers sont morts en service depuis le début de l'été.

Ces chiffres s'ajoutent à une tendance de fond : 4,89 millions d'interventions en 2025, dont une large majorité de secours à personne.

La chronologie de la mobilisation

Ce que réclament les sapeurs-pompiers et les SDIS

Les revendications varient selon les organisations, mais quatre blocs reviennent partout.

1. Un financement pérenne, pas des rallonges ponctuelles

Les dépenses des SDIS atteignaient environ 6 milliards d'euros en 2024. Elles sont financées à 54 % par les départements et à 35 % par les communes et intercommunalités, la part de l'État restant minoritaire. La mission flash de l'Assemblée nationale sur le financement des SDIS (2024) évalue leur dette cumulée à 1,4 milliard d'euros.

La piste la plus discutée est le relèvement de la part de la taxe spéciale sur les conventions d'assurance (TSCA) affectée aux SDIS, dont la part versée aux départements pour financer les SDIS atteignait 1,45 milliard d'euros en 2024. La mission flash de 2024 proposait déjà de réaffecter aux départements la fraction de TSCA aujourd'hui versée à la Caisse nationale des allocations familiales, soit environ 1,1 milliard d'euros.

2. Des effectifs

Les syndicats CGT et SUD demandent le recrutement de 21 000 sapeurs-pompiers professionnels supplémentaires. Les quelque 200 000 volontaires représentent environ 80 % des effectifs, et leur disponibilité est de plus en plus sollicitée.

3. Les salaires et le point d'indice

La CFDT SDIS met en avant la revalorisation du point d'indice et des rémunérations.

4. Les équipements et la santé des personnels

C'est le bloc le plus directement opérationnel : renouvellement des engins, moyens aériens, équipements de protection, et protection réelle de la santé des agents. Après un été où des colonnes entières ont travaillé des jours durant sous de fortes chaleurs, la prise en charge de l'hyperthermie d'effort chez les pompiers eux-mêmes fait partie de ce sujet.

Ce que le gouvernement a mis sur la table

Le dispositif annoncé repose sur une hausse exceptionnelle de la TSCA inscrite dans le projet de loi de finances pour 2027 : 200 millions d'euros de recettes supplémentaires par an, soit un milliard sur cinq ans, fléchés vers les SDIS. Le ministre a également promis de doubler le nombre d'hélicoptères et d'avions légers loués pour la saison feux 2027.

Les syndicats restent prudents. Pour Xavier Boy, président de la FA/SPP-PATS, une annonce n'est pas un engagement budgétaire durable : les sapeurs-pompiers jugeront sur les textes votés et les sommes réellement perçues par les SDIS. La CFDT SDIS demande que les 200 millions soient précisés (répartition, calendrier, affectation) et complétés par des engagements sur les effectifs et la santé.

Pour mesurer l'écart : réparties uniformément entre une centaine de SDIS, 200 millions d'euros représenteraient en moyenne de l'ordre de 2 millions d'euros par an et par service. La répartition réelle sera différente, mais l'ordre de grandeur montre que chaque euro devra être arbitré avec soin.

Ce que cela change concrètement pour les SDIS

Si le PLF 2027 est voté en l'état, les SDIS vont devoir décider rapidement où placer ces moyens nouveaux. Trois réflexes de gestion ressortent déjà des échanges avec les directions :

La santé des pompiers face à la chaleur, une ligne budgétaire à ne pas oublier

Le coup de chaleur d'exercice est une urgence vitale dont la survie est très élevée, à condition de refroidir vite et fort sur place. Le protocole de référence est « Cool First, Transport Second » (ACSM 2023, CIO / BJSM 2021, Korey Stringer Institute) : immersion corps entier en eau froide avant tout transport.

L'écart d'efficacité est documenté : jusqu'à 0,35 °C par minute en immersion en eau froide (Casa et al. 2007), contre environ 0,03 à 0,08 °C par minute pour les packs de glace, draps glacés ou ventilation (Filep et al., Medicina 2020). Sur une colonne feux de forêt, au poste de commandement ou en zone de soutien sanitaire, cette différence se compte en minutes de temps passé au-dessus de 40 °C.

C'est précisément le besoin auquel répond Kollder One™ :

Pour un SDIS qui arbitre l'emploi de ses nouveaux crédits, un équipement de refroidissement par immersion est une ligne modeste à l'échelle d'un plan d'équipement, directement rattachable à la revendication « santé des personnels » portée par le mouvement.

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Pour aller plus loin

Sources

Kollder est la baignoire de refroidissement d'urgence stable, entièrement pliable, conçue pour accueillir 2 personnes à la fois.

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