Le 17 octobre 2026, la journée de mobilisation contre la vie chère a dégénéré en violences dans plus d'une vingtaine de villes. Au milieu des barricades et des commerces en feu, les sapeurs-pompiers ont tenu leur mission de secours, parfois sous les projectiles. Cet épisode survient alors que les mêmes agents sont en grève depuis le 8 septembre pour réclamer davantage de moyens : il met crûment en lumière leurs besoins d'équipement.

Une journée de violences d'une ampleur inédite

Selon le ministère de l'Intérieur, environ 550 000 personnes ont manifesté le 17 octobre, dont 110 000 à Paris. La journée s'est soldée par plus de 2 300 interpellations et près d'un millier de blessés parmi les forces de l'ordre et les secours, selon les bilans publiés dans les jours suivants.

Les incendies ont rythmé la journée et la nuit :

La Fédération du commerce et de la distribution recense au moins 1 500 commerces dégradés ou pillés. La Fondation iFRAP estime la facture globale des violences des 17 et 18 octobre à environ 1,1 milliard d'euros dans son hypothèse haute, sans même compter le coût des secours.

Dans plusieurs villes, c'est l'intervention rapide des sapeurs-pompiers qui a empêché que des feux de commerces ne gagnent les immeubles d'habitation attenants.

Des équipages visés par les casseurs

L'engagement des pompiers ne s'est pas fait dans des conditions normales.

Doubs : pierres et tirs de mortiers

À Besançon, où le SDIS 25 a réalisé 14 interventions pour des feux de poubelles, de barricades et de mobilier urbain, puis dans le secteur de Montbéliard, les sapeurs-pompiers ont été à plusieurs reprises la cible des émeutiers alors qu'ils tentaient d'éteindre les feux. Jets de pierres, tirs tendus de mortiers d'artifice : certains équipages ont dû se replier sans pouvoir intervenir.

Le SDIS du Doubs indique qu'une douzaine de pompiers ont été visés et a déposé plainte contre X pour violences aggravées sur personne chargée d'une mission de service public, mise en danger de la vie d'autrui et entrave aux secours. Le contrôleur général Stéphane Beaudoux a rappelé qu'un tir de mortier peut provoquer des brûlures graves ou la perte d'un œil. Le service a résumé la position de toute la profession : aucune cause ne peut justifier de s'attaquer à ceux qui risquent leur vie au quotidien.

Haute-Garonne : des pompiers empêchés d'agir

À Toulouse, le président du conseil d'administration du SDIS 31 a dénoncé des violences et dégradations « insupportables et inacceptables », précisant que des sapeurs-pompiers avaient été empêchés dans leur action alors qu'ils intervenaient pour éteindre des incendies.

Paris

À Paris, la préfecture de police a fait état de deux sapeurs-pompiers blessés au soir du 17 octobre. Ailleurs dans la capitale, des équipages ont au contraire été applaudis par des manifestants, signe que la population distingue encore les secours des forces de maintien de l'ordre. Une distinction que les casseurs, eux, n'ont pas toujours faite.

Une profession en grève qui continue d'assurer les secours

Le contexte rend l'épisode d'autant plus marquant. L'intersyndicale des sapeurs-pompiers professionnels a déposé un préavis de grève du 8 septembre au 20 octobre 2026, depuis reconduit jusqu'au 4 décembre. Ses revendications : des crédits réellement inscrits au budget 2027, des recrutements, une loi de modernisation de la sécurité civile financée durablement, et l'amélioration des équipements de protection individuelle.

Le 17 octobre, ces mêmes agents grévistes ont assuré la continuité du service public, sous les projectiles, avec le matériel dont ils disposent. Difficile de trouver une meilleure illustration de leur slogan du 29 septembre : « Des moyens, pas des miracles ».

Ce que la journée révèle sur les besoins d'équipement

Les retours d'expérience des SDIS concernés mettront plusieurs semaines à être consolidés. Plusieurs besoins ressortent déjà clairement :

Chacune de ces lignes vient s'ajouter à des besoins déjà exprimés pendant le mouvement social : engins, moyens aériens, effectifs. Pour les directions de SDIS, la question n'est plus de savoir s'il faut équiper, mais comment arbitrer.

Ne pas oublier l'autre menace : l'été 2027

Le risque est réel qu'une partie des crédits annoncés pour 2027 (200 millions d'euros par an via la TSCA dans le projet de loi de finances) soit absorbée par la réparation et la protection face aux violences urbaines. Or la saison estivale 2027 arrivera vite, et les étés récents ont montré que la chaleur est devenue un risque opérationnel majeur pour les sapeurs-pompiers eux-mêmes.

Les violences urbaines ne sont d'ailleurs pas un phénomène d'automne : celles de 2023 ont eu lieu fin juin et début juillet. Des interventions prolongées en tenue de protection, sous projectiles et sous forte chaleur, cumulent toutes les conditions de l'hyperthermie d'effort. Nous détaillons ce double enjeu dans notre article Émeutes d'octobre et chaleurs 2027 : les SDIS doivent sécuriser leurs équipements dès cet hiver.

Face au coup de chaleur d'effort, le protocole de référence reste « Cool First, Transport Second » (ACSM 2023, CIO / BJSM 2021, Korey Stringer Institute) : immersion corps entier en eau froide sur place, avant tout transport. Elle refroidit jusqu'à 0,35 °C par minute (Casa et al. 2007), contre environ 0,03 à 0,08 °C par minute pour les packs de glace ou la ventilation (Filep et al., Medicina 2020).

Kollder One™ a été pensé pour le terrain réel des SDIS :

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Pour aller plus loin

Sources

Kollder est la baignoire de refroidissement d'urgence stable, entièrement pliable, conçue pour accueillir 2 personnes à la fois.

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